Liens vers les deux films en fin de page

Fin 1939, la ville de Marckolsheim, évacuée de ses habitants réfugiés en Dordogne, faisait partie du « Secteur fortifié de Colmar », « sous-secteur d’Elsenheim », avec sur son territoire de nombreuses casemates de la ligne Maginot défendues par des équipages appartenant au 42e régiment d’infanterie de forteresse basé à Neuf-Brisach.

Les plus gros ouvrages, appartenant à la « ligne des villages », étaient les casemates 35-3 « Marckolsheim Sud » et 34-3 « Marckolsheim Nord ». Au sud se trouvaient la 36-3 « Artzenheim Nord » et la 37-3 « Artzenheim Sud ». Au nord, la 33-3 était à Richtolsheim et la 32-3 à Saasenheim.

Au niveau du pont du Rhin Marckolsheim-Sasbach, plus près du fleuve, d’autres ouvrages complétaient le système de défense, notamment la casemate 49-1 « Limbourg Nord », l’abri 16-2 « Limbourg Ferme », l’abri 46a-1 « Limbourg Pont » et la casemate 46-1 « Limbourg Sud ».

Le 15 juin 1940 au matin, les Allemands lancèrent sur le Rhin l’offensive baptisée Kleiner Bär (« Petit ours »).

Durant trois jours, alors même que les Allemands étaient entrés la veille 14 juin à Paris, les équipages de la ligne Maginot résistèrent avec courage, sans l’aide de la moindre couverture aérienne, de chars ou d'artillerie lourde. Contrairement à ce qui est encore trop souvent dit et écrit, la ligne Maginot ne fut pas une « passoire »… Malgré les affirmations de la propagande allemande de l’époque, c’est avec héroïsme et ténacité que les troupes françaises résistèrent, ne finissant par céder que parce que l’ennemi était supérieur en nombre et en matériel. Les soldats allemands laissèrent de très nombreux morts et blessés sur le terrain avant de pouvoir s’emparer des casemates et finalement de la ville, bombardée par avion et complètement rasée pour une bonne moitié, les dommages touchant environ 80 % des bâtiments.

Le 30 juin 1940, lors d’une des deux journées qu’il passa en Alsace (l’autre étant le 28 juin), Adolf Hitler vint lui-même voir ces ouvrages qui avaient si durement résisté, à Marckolsheim mais aussi à Neuf-Brisach.

À l’occasion du 80e anniversaire de cette attaque, Mémoires Locales Marckolsheim a réalisé deux films exceptionnels, que vous pouvez découvrir en cliquant sur les deux copies d’écran figurant en bas de cette page.

D’une durée de 22 minutes, le premier film montre près de 180 documents originaux, la plupart étant des photographies inédites provenant de nos collections. Il intègre également 6 minutes extraites de la Deutsche Wochenschau, les actualités allemandes de l'époque.

Le second film, long d’une douzaine de minutes, est essentiellement constitué d’un extrait (8 minutes) d’un film de propagande réalisé en 1941 par l’Oberkommando des Heeres, le haut commandement de l’armée de terre allemande. Cet extrait, qui correspond à la fin du documentaire, montre les images relatives à l’opération Kleiner Bär déclenchée le 15 juin 1940. On y voit en particulier les terribles bombardements que subirent les casemates françaises, ainsi que la noria de Sturmboote (canots d’assaut) qui permit aux Allemands de franchir le Rhin.

Ces deux films sont dédiés aux valeureux équipages de la ligne Maginot du Rhin qui firent leur devoir sans faillir, ainsi qu’aux habitants de Marckolsheim qui découvrirent leur ville ravagée à leur retour d’évacuation de Dordogne, beaucoup ayant tout perdu.

Pour en savoir plus sur cette attaque mais également sur la visite d’Adolf Hitler en Alsace, nous vous invitons à découvrir le numéro hors-série « Spécial Seconde Guerre mondiale » de notre revue La Mémoire du Loup, paru en 2015, disponible sur notre page Boutique.

La visite de la casemate 35-3, devenue Musée Mémorial de la Ligne Maginot du Rhin à Marckolsheim, est le complément indispensable pour se remémorer ces évènements (actuellement fermée en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19).